En franchissant sa frontières nord, l’armée de terre Israélienne a, après l’armée de l’air, envahi le Liban.
Chacun le sait, la supériorité militaire de Tsahal sur le Hezbollah, comme sur l’armée libanaise, est certaine.
A défaut d’intervention extérieure ou de pressions diplomatiques suffisantes l’armée israélienne aura, pour quelques temps encore les coudées franches au Liban.
Et, mieux armée, mieux dirigée, l’armée israélienne devrait, sans nul doute, arriver à ses fins : la destruction et / ou le désarmement de la milice Chiite et pro Syrienne du Hezbollah.
Ce but sera très certainement atteint.
Seule la question de la durée de l’intervention se pose aujourd’hui.–quoiqu’une dizaine de jours de bombardements avant l’attaque au sols laissent présager d’une offensive relativement rapide : la zone à sécuriser est équivalente à un ou deux cantons français -.
Une fois la principale milice libanaise un genoux à terre qu’adviendra t il ?
La sécurité d’Israël sera-t-elle améliorée ?
Le Liban se réussira t il à se relever une fois de plus ?
Premier constat, l’incapacité, une fois de plus révélée au grand jour, de l’ONU et de l’Europe.
Ni Kofi Annan, ni Javier Solana, ni Jacques Chirac n’ont réussi à freiner la colère d’Israël.
Ont-ils réussi à éviter une intervention syrienne et un embrasement ? L’avenir nous l’apprendra peut être.
L’éventualité, évoquée ça et là, d’une future force d’interposition européenne sous mandat onusien ne doit pas masquer l’essentiel : l’échec des chancelleries européennes.
Force est de constater que le feu vert américain a servi de blanc seing à Tsahal.
Au Proche Orient, au Moyen Orient, en Amérique du Sud, les gendarmes sont américains.
Victime des agissements du Hezbollah et du feu Israélien, le Liban conservera longtemps les stigmates de l’été 2006.
Les libanais ont d’ores et déjà payé très cher l’inertie de leur gouvernement à l’égard du quasi Etat Hezbollah. Plus de 250 victimes civiles, exode massif, destruction de ponts, de routes, d’infrastructures publiques et privées: la guerre de 2006 fait régresser le pays du cèdre de plusieurs années.
Qui financera la reconstruction ? Les libanais ? Israël ? La communauté internationale ?
La réaction du gouvernement israélien dirigé par le parti travailliste est inattendue et assez extraordinaire.
Elu sur un programme social et une rhétorique de paix le gouvernement d’Ehud Olmert n’a pas hésité une seule seconde à déchaîner un déluge de feu sur le territoire d’Israël.
Cette opération de légitime défense transformée, volontairement, en guerre préventive, a le soutien de l’opinion publique israélienne et assurera pour quelques années la tranquillité de l’Etat Hébreu.
A plus long terme, l’effet de cette nouvelle guerre sur les peuples arabes et plus particulièrement sur les libanais et les palestinien aura des effets désastreux.
Comment demander à des enfants dont les parents ou les frères sont morts sous les balles de Tshahal d’oublier leurs souffrances et leur haine pour Israël ?
Si les médias se focalisent sur le front libanais la guerre poursuit son sombre chemin sur le front palestinien. Là encore l’humiliation et la mort d’aujourd’hui appelleront demain la vengeance et le sang…
Hors la loi du Talion, une autre vérité est elle possible au Proche Orient ?
Christophe Cavaillès
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